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Et c'est une folie à nulle autre seconde
De vouloir se mêler de corriger le monde

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Le Yin et le Yang

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  • Dimanche, 15 Janvier 2017

Notre époque est-elle devenue à ce point régressive que seules les pensées les plus stupidement binaires peuvent s'y exprimer ?

Ainsi, identité et universalité sont aujourd'hui systématiquement et haineusement opposées.

Identité, traditions, racines, voilà qui est rance, nauséabond et passéiste ; ouverture, diversité, mobilité, voilà qui est moderne, positif, jeune et innovant. Ajoutez-y inclusivité et résilience, et vous aurez le ticket gagnant complet.

Mais de quelle nature est donc ce blocage mental anténéandertalien qui exclut d'avance toute tentative de synthèse ? Le bon sens, et quelques notions d'Histoire, suggèrent pourtant à l'évidence que les notions d'identité et d'universalité sont complémentaires, qu'elles s'appellent l'une l'autre, et que seul un savant composé des deux permet de dessiner la route du bien commun. Je laisse le soin aux professeurs de philosophie de me dire si ce principe date d'Aristote, comme tant de vérités qu'on s'ingénie de nos jours à oublier ou à piétiner, ou si des précurseurs l'ont énoncé encore plusieurs siècles auparavant.

En matière d'économie, la transcription est claire.

Au rebours de l'entrepreneuriat schumpétérien "pur et dur", qui justifie (et glorifie) une incessante nécrophagie tant économique que sociale, sur le modèle biologique de la matière vivante se nourrissant de matière vivante, et au rebours d'une certaine économie publique qui entend assurer aux mammouths une survie éternelle, quel qu'en soit le prix à payer, l'économie sociale tente justement un nécessaire compromis entre une identité à préserver, qu'elle soit de métier, de territoire ou de bassin de population, et l'intégration permanente de nouveaux apports, humains, technologiques et commerciaux, venus d'ailleurs.

Mais c'est au prix de règles de fonctionnement solidaires où les devoirs priment les droits.

Que l'on oublie cela, ou que l'on cède à l'air du temps en faisant passer systématiquement l'universalité avant l'identité, alors l'économie sociale se dégrade rapidement en chimère, prenant l'allure d'un bâtard adultérin de ce que le capitalisme et la bureaucratie d'État peuvent chacun présenter de pire.

 

Notre époque est-elle devenue à ce point régressive que seules les pensées les plus stupidement binaires peuvent s'y exprimer ?

Ainsi, identité et universalité sont aujourd'hui systématiquement et haineusement opposées.

Identité, traditions, racines, voilà qui est rance, nauséabond et passéiste ; ouverture, diversité, mobilité, voilà qui est moderne, positif, jeune et innovant. Ajoutez-y inclusivité et résilience, et vous aurez le ticket gagnant complet.

Mais de quelle nature est donc ce blocage mental anténéandertalien qui exclut d'avance toute tentative de synthèse ? Le bon sens, et quelques notions d'Histoire, suggèrent pourtant à l'évidence que les notions d'identité et d'universalité sont complémentaires, qu'elles s'appellent l'une l'autre, et que seul un savant composé des deux permet de dessiner la route du bien commun. Je laisse le soin aux professeurs de philosophie de me dire si ce principe date d'Aristote, comme tant de vérités qu'on s'ingénie de nos jours à oublier ou à piétiner, ou si des précurseurs l'ont énoncé encore plusieurs siècles auparavant.

En matière d'économie, la transcription est claire.

Au rebours de l'entrepreneuriat schumpétérien "pur et dur", qui justifie (et glorifie) une incessante nécrophagie tant économique que sociale, sur le modèle biologique de la matière vivante se nourrissant de matière vivante, et au rebours d'une certaine économie publique qui entend assurer aux mammouths une survie éternelle, quel qu'en soit le prix à payer, l'économie sociale tente justement un nécessaire compromis entre une identité à préserver, qu'elle soit de métier, de territoire ou de bassin de population, et l'intégration permanente de nouveaux apports, humains, technologiques et commerciaux, venus d'ailleurs.

Mais c'est au prix de règles de fonctionnement solidaires où les devoirs priment les droits.

Que l'on oublie cela, ou que l'on cède à l'air du temps en faisant passer systématiquement l'universalité avant l'identité, alors l'économie sociale se dégrade rapidement en chimère, prenant l'allure d'un bâtard adultérin de ce que le capitalisme et la bureaucratie d'État peuvent chacun présenter de pire.