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Et c'est un navire Hollandais
Qui m'a débarqué au port de Calais

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Juin 2011 : le trop plein

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  • Mardi, 28 Juin 2011

Les diverses et multiples missions et commissions créées çà et là pour réfléchir, concerter, synthétiser, dialoguer, voire proposer, ont coutume de remettre leur rapport avant le début de l'été. L'avantage est double ; d'une part pour les contributeurs qui pourront partir en vacances avec le sentiment du devoir accompli, d'autre part pour les maîtres d'ouvrage qui n'auront pas à essuyer le feu des commentaires et des critiques, leurs auteurs potentiels étant eux-mêmes partis se dorer sur les plages, endroit où l'on a peu coutume d'emporter avec soi de gros rapports indigestes. Et que le PDF ait remplacé le papier n'y change rien !

Ainsi, la rentrée pourra s'opérer dans les Ministères avec la plus grande sérénité. Les rapports d'avant l'été ont été remisés dans de profonds tiroirs, où la poussière se hâte de les recouvrir. L'oubli est d'autant plus efficace que de nouveaux projets jaillissent (dame ! la rentrée, c'est la rentrée...) et que le torrent de la fébrilité renouvelée s'épanche de plus belle. Il va bientôt devenir urgent de réunir une nouvelle commission, qui se penchera sur le même sujet...

Cette année, la production de rapports en tous genre est pléthorique. Un grand cru ! Concernant la prospective, la DATAR se penche sur l'an 2040, tandis que les Affaires sociales nous gratifient d'une salve de quatre pavés sur le vieillissement et la dépendance. Un buffet aux innombrables zakouskis. De la dette souveraine à la voiture électrique, on ne sait plus où donner de l'attention. Une seule certitude s'impose ; nous ne manquerons pas de matière.

Du côté de l'Économie Sociale pas de nouveau rapport (il y en a tant eu ces dernières années), mais une débauche de réunions, congrès, assises et même États Généraux. Impossible d'être partout, même en ne faisant rien d'autre. Surtout quand tout se passe à Paris et que vous êtes provincial. Alors, que de frustrations ! On peut toujours faire le compte-rendu d'un rapport, même si on a attendu trois mois pour le lire et que plus personne n'en parle. Mais une réunion à laquelle on n'a pas assisté, c'est impossible à rattraper. Il faut donc se rendre la cruelle évidence ; quand il y en a trop, il y en a trop, et l'on ne peut écrire sur tout.