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Et c'est une folie à nulle autre seconde
De vouloir se mêler de corriger le monde

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Actualités ....


  • Économie sociale et Intérêt Général

    Mercredi, 26 Novembre 2014

    Économie sociale et Intérêt Général : rapprocher ces deux termes, soupeser ce qui les rapproche et ce qui les distingue, est devenu un exercice classique, voire banal. Je dirais : scolaire. Aussi je ne veux pas reprendre ici l'ensemble des considérants de ce vaste procès. En effet, il n'importe plus de se demander si l’État doit conserver le monopole de l'intérêt général ou si l'économie sociale a légitimité pour en prendre sa part ; car ce sont les États eux-mêmes qui sont en train de renoncer à ce monopole dont le poids leur semble désormais trop lourd. Et je suis prêt à parier que ce mouvement est irréversible. Car on ne pourra restaurer ce qui n'a jamais été, après tout, qu'une fiction.

    Que ce soit pour l'économiste, pour le sociologue ou pour le moraliste, la notion d'intérêt général n'a jamais existé que comme une asymptote, une ligne d'horizon qui fuit à mesure qu'on s'en approche. À un moment ou un autre, il faut bien trancher, donner une réalité matérielle, une traduction dans les faits, à cette belle abstraction. On va alors recourir, soit à la majorité démocratique qui se targue d'être l'expression de la volonté générale, soit à l'avis d'un jury de sages choisis pour leur supposée impartialité, soit à l'arbitraire d'une administration. Dans tous les cas, cela prête à contestation. Chacun peut se réclamer d'un intérêt général à sa façon, qui n'est pas celle du voisin, et du paradoxe de Condorcet au théorème d'Arrow, maints esprits ont tenté de théoriser cette impossibilité à mettre tout le monde d'accord.

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  • Économie sociale et Francophonie (II)

    Mercredi, 12 Novembre 2014

    Pour retrouver la première partie de l'article cliquez ici.

    Différences et complémentarités

    Si l'on peut trouver, comme on l'a vu, des lignes de force communes entre Économie sociale et Francophonie, il convient aussi d'en souligner les différences.

    La Francophonie est jeune, bien qu'apparaissant souvent comme une idée du passé. La génération des fondateurs a disparu, celle qui lui a succédé est en train de passer la main ; voilà une histoire encore bien courte. Par ailleurs, elle a été construite d'en haut, et elle est encore entièrement dépendante de budgets votés par les États tutélaires. Elle a bien essaimé, dans les domaines les plus divers, en de multiples organismes et associations, mais ceux-ci sont tous du même modèle, celui des administrations publiques internationales, qui ne rencontrent que de loin en loin la "société civile", et ne le font qu'avec défiance et condescendance.

    À l'exact inverse, l'Économie Sociale est une longue tradition, ou plutôt un faisceau de longues traditions dont les racines s'embrouillent dans le lointain et touffu dix-neuvième siècle, et néanmoins on la décrit volontiers comme une idée neuve. Autant ses familles constitutives peuvent disposer d'organes centraux visibles et actifs, autant elle ne dispose à son sommet que de coordinations légères et sans réel pouvoir. Elle est avant tout une idée, comme la Francophonie d'ailleurs, mais sans institution structurante. Et bien que sa parole se revendique volontiers de milliers ou de millions de sociétaires sans que ceux-ci en soient le moins du monde conscients, elle est néanmoins l'expression d'une multitude d'échelons intermédiaires où la responsabilité des élus de base est effective, et peut en cela se prévaloir, non pas seulement de représenter, mais d'être la "société civile".

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  • Signé Forex, signé Furax

    Mercredi, 15 Octobre 2014

    Dans les gros livres édifiants que les élèves méritants sa partageaient jadis lors des distributions de prix, et qui font aujourd'hui la devanture des brocanteurs, les personnages avaient des qualificatifs attitrés. L'explorateur était intrépide, l'ingénieur était éminent, le savant était réputé, l'économiste était distingué... et le spéculateur était vil. Et l'école m'aura laissé au moins cette conviction, qui ne m'a pas quitté, et qui s'applique en tous temps et en tous lieux : oui, le spéculateur a été, est, et sera toujours un nuisible, un être méprisable, que toute loi morale digne de ce nom se doit de condamner sans appel bien avant que la loi pénale ne le fasse elle-même.

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  • Ces deux roues qui mettent l'esprit en roue libre

    Mercredi, 24 Septembre 2014

    Ce dimanche matin, d'une oreille distraite, il me semble distinguer sur une radio qui se trouvait là en fond sonore, que la voix des ondes m'indique les positions, à l'issue de la nuit, aux 24 heures du Mans moto. Il est question de Yamaha, Suzuki, Honda, Kawasaki... Quelques souvenirs me reviennent alors, d'anciennes expéditions brumeuses au Mans, au milieu d'une noria de motards vibrant en tous sens, à l'époque où, lorsqu'on se croisait sur la route, il était d'usage de se faire un grand salut de la main. Au temps du président Pompidou... La fraternité était alors de règle. Les motards constituaient une grande famille, l'entraide était fréquente, et on pouvait toujours compter en cas de pépin sur le secours ou les bons conseils d'un ami inconnu, simplement parce qu'il passait par là. La moto, on la vivait, on la parlait, on la chantait. Et parfois c'était la gamelle. Un coin de notre esprit, qui nous lançait de temps en temps un petit avertissement, maintenait sous clef quelques histoires de bras amputés, de fauteuils roulants, voire de descente au caveau. Plus vaste, plus présente, était l'armoire aux glissades, aux mains gelées, aux orages, aux pannes sèches, aux crevaisons, et surtout à ces abrutis inconscients qui se croient tout permis au volant de leurs misérables caisses.

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  • Quand un Armstrong chasse l'autre...

    Mercredi, 17 Septembre 2014

     

    J'avais commencé cette chronique au lendemain de l'annonce du décès du premier homme ayant marché sur la Lune. Je l'ai reprise au moment où le septuple vainqueur du Tour de France admettait, devant un milliard de téléspectateurs, avoir eu recours à des produits interdits. Il était temps de la terminer.

    Louis, Neil, Lance : trois Américains célèbres qui n'ont apparemment en commun que leur seul patronyme. Ils ont connu la plus grande renommée à des époques différentes, dans des domaines différents. Et leurs destinées illustrent, chacune à leur manière, combien la roche Tarpéienne est proche du Capitole. À n'en pas douter, Armstrong est devenu un nom bien difficile à porter.

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  • Économie sociale et Francophonie (I)

    Mercredi, 10 Septembre 2014

     

    Économie sociale et Francophonie sont deux mondes qu'à mon sens tout devrait rapprocher, et qui dans les faits s'ignorent totalement. Cela fait longtemps que je m'intéresse à l'un comme à l'autre. S'ils pouvaient se rencontrer, tisser des synergies, nul doute que l'organisation de mon temps, et mon efficacité personnelle, en tireraient de grands avantages ! Mais ces considérations égoïstes, bien que fort légitimes, ne suffiront sans doute pas à vous convaincre. Il faut donc évoquer l'intérêt général. Et à ce niveau, je n'irai pas jusqu'à affirmer que l'économie sociale et la Francophonie ont besoin l'une de l'autre pour vivre ; en revanche, je suis certain qu'en continuant à se tourner le dos, elles se privent l'une et l'autre d'un atout majeur pour leur crédibilité, leur développement et leur cohérence intellectuelle. C'est ce que je veux m'efforcer de démontrer ici.

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  • La loi de l'offre et de la demande a-t-elle encore un sens ?

    Mercredi, 03 Septembre 2014

     

    La loi de l'offre et de la demande est à l'économie ce que les lois des gaz parfaits sont à la physique : une représentation simple de réalités élémentaires, d'apparence universelle, premier niveau nécessaire d'un canevas pédagogique menant à la compréhension de processus plus complexes. Trop élémentaire et trop universelle sans doute, si bien qu'on ne sait plus si l'important est ce qui y ramène ou ce qui fait qu'on s'en écarte.

    Il n'en demeure pas moins qu'en première approximation, lorsqu'on se sert d'une pompe à vélo ou lorsqu'on négocie la remise qu'un concessionnaire est prêt à accorder pour écouler son stock de voitures invendues, ces lois suffisent fort bien à faire rentrer les observations empiriques dans un modèle prédictif. Quand il y a tension sur l'offre, les prix grimpent, et quand au contraire la demande est faible, ils diminuent, ou du moins on peut espérer les faire diminuer.

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  • De l'Art et de sa destination sociale (suite et fin)

    Mercredi, 27 Août 2014

     

    Ce texte est une version provisoire, publiée dans le rubrique Acualités. Pour lire la bonne version, cliquez ici.

     

    Pendant plus d'un siècle, pas loin d'un siècle et demi, on a parlé et écrit sur Gustave Courbet sans mentionner l'existence de l'Origine du Monde, dont personne ou presque ne connaissait l'existence. Aujourd'hui, on irait jusqu'à réduire son œuvre à cette seule toile. Comment et pourquoi en est-on arrivé là ?

     

    C'est que l'Art doit faire vivre. Le Musée d'Orsay a besoin de visiteurs, le Conseil Général du Doubs a besoin de touristes. Pour les faire affluer, rien de tel qu'un parfum de scandale. Or le Courbet grimé en révolutionnaire ne fait plus guère recette. On ne peut l'évoquer qu'en fond de scène. Non qu'il eût été difficile d'en faire une sorte de gourou des luttes sociales de son temps, alors qu'il n'a jamais fréquenté le monde ouvrier ; il suffit qu'il ait dressé contre lui les bien pensants. Mais la place est déjà prise, par les légendes de son sosie Che Guevara, de Gavroche, de Jaurès... Cela n'intéresse plus personne ! Qui irait visiter une exposition Blanqui ? Et qui irait se pâmer devant un tableau représentant une bande de curés ivres ?

     

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  • Du principe de l'Art et de sa destination sociale

    Mercredi, 20 Août 2014

    Ce texte est une version provisoire, publiée dans le rubrique Acualités. Pour lire la bonne version, cliquez ici.

     

    Si je reprends ici le titre d'un ouvrage posthume de Proudhon, c'est pour vous parler de Courbet, plus précisément du voyage à Ornans que l'on a fait faire en cet été 2014 à un tableau du Musée d'Orsay, et de quelques tenants et aboutissants dudit voyage.

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  • ADDES XXV : c'est parti !

    Dimanche, 16 Septembre 2012

    Le vingt-cinquième colloque de l'ADDES se tiendra à Paris le 22 octobre 2013.
    Il aura pour thème

    L'Économie Sociale dans le mouvement des idées

    L'appel à communication vient d'être lancé.
    En voici l'essentiel :

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